J’ai choisi de voter pour la loi fin de vie.
J’ai choisi de voter pour la loi fin de vie.
J’avais des réserves importantes sur ce texte, en particulier dans le contexte ultra-libéral de casse de nos services publics hospitaliers.
Beaucoup à gauche critiquent ce texte de bonne foi. Je comprends leur peur sincère mais je ne la partage pas. Cette loi n’est une porte ouverte ni à l’eugénisme, ni aux suicides des handicapés maltraités par une société validiste.
La loi pose un cadre, celui d’une liberté fondamentale réclamée par le peuple français : choisir en paix et en conscience sa mort quand les soins ne font que retarder l’inévitable de quelques jours.
Mais c’est la justice, via ces jurisprudences, qui fixera les détails de l’application, comme c’est le cas pour n’importe quelle autre législation. Et la justice sera intraitable envers tout soupçon d’eugénisme, de tentative d’assassinat dissimulé, ou de suicide.
Les conditions pour avoir accès à l’aide à mourir sont draconiennes, elles sont une protection extrêmement solide contre les dérives : l’âge, la résidence, les douleurs réfractaires aux traitements, la phase avancée ou terminale, les souffrances psychologiques induites et l’examen d’une volonté libre, éclairée, réitérée resteront les critères cumulatifs indispensables au déclenchement de l’aide à mourir.
Enfin sur la question des soins palliatifs, nous avons perdu la bataille pour le droit opposable contre la droite, qui l’a bloqué pour d’abjectes raisons budgétaires. Mais je crois que la bataille ne fait que commencer. Contrairement à ce que pensent mes camarades antivalidistes, je suis convaincu que la loi fin de vie sera au contraire un moyen de pression pour exiger ces soins partout où les coupes budgétaires nous en privent.
Nous venons de remporter une victoire humaniste, je suis fier du combat que nous avons mené avec mes camarades insoumis·es et du reste de la gauche.

